Mieux se protéger
contre les MST
Avec l’utilisation accrue du préservatif, on les croyait en voie de disparition. Erreur! Les maladies sexuellement
transmissibles (MST) refusent de se faire oublier.
Jusqu’en 1995, on a assisté à une importante diminution, voire à la disparition de certaines MST (terme
remplacé aujourd’hui par IST qui signifie infection sexuellement transmissible), pour rappeler que l’on peut être infecté et contagieux sans être malade. Ainsi, la syphilis semblait éradiquée des pays industrialisés et la blennorragie avait connu une diminution spectaculaire.
»
Or, après une longue période de recul liée aux précautions prises pour lutter contre le sida, les IST augmentent de façon inquiétante. « Les données laissent notamment présager,
pour les années à venir, une explosion du sida, dans la mesure où ils ‘agit d’une maladie à évolution lente ». De ce fait, il existe deux catégories d’infections celles qui se manifestent
très vite et celles qui, au contraire, ne se signalent qu’au bout de plusieurs années.
Il est donc plus que jamais primordial de s’en souvenir
toutes les IST ne se voient pas. Or la plupart sont facilement guérissables sans séquelles à condition de ne pas attendre. Sans oublier de prévenir sa/son partenaire pour qu’elle (il) se traite
également.
1-Les infections à évolution rapide
Elles se manifestent au bout de quelques jours ou semaines, incitant à consulter son médecin sans tarder.
Le trichomonas
Les manifestations de ce parasite microscopique sont
bénignes et les complications rarissimes. Chez la femme, l’infection provoque des pertes abondantes et des démangeaisons. Chez l’homme, on ne relève aucune manifestation, mais cela ne
signifie pas qu’il ne soit pas contaminé.
Le traitement
__________ Un antibiotique à prise unique doit être systématiquement pris par les deux partenaires.
Les condylomes
Ils sont transmis par des virus appelés
papillomavirus. La période d’incubation varie de plusieurs semaines à quelques mois (jusqu’à huit).
Les condylomes sont très contagieux et se manifestent par des verrues indolores sur les organes génitaux et la zone anale. L’infection, parfaitement visible chez l’homme, reste neuf fois sur dix
insoupçonnée chez la femme. Pour elle, le risque est de favoriser, des années plus tard, le cancer du col de l’utérus. La pratique régulière de frottis gynécologiques permet un dépistage
précoce.
Le traitement
________ Il faut détruire les
lésions de manière â limiter le risque de récidive. Ce qui implique utilisation de pommades, applications d’azote liquide, ou ablation au bistouri ou au laser.
La blennorragie
Appelée aussi « chaude-pisse », cette
infection est due à une bactérie, Neisseria gonorrhea. Chez l’homme, après une incubation de quatre à cinq jours, elle se manifeste par des brûlures intenses lors de la miction et par un
écoulement purulent jaunâtre. Chez la femme, l’infection passe souvent inaperçue, ce qui favorise la transmission de la maladie.
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Le traitement
Après prélèvement et analyse de l’écoulement chez l’homme, de la muqueuse génitale chez la femme, la maladie se soigne
définitivement en quelques jours grâce à un antibiotique adapté. Mal traitée, elle peut être responsable de stérilité chez la femme.
Un dépistage plus facile
prise de sang pour la syphilis, le sida et l’hépatite B, prélèvement génital chez la femme pour la blennorragie, l’herpès et la chlamydiose, frottis vaginal et examen des muqueuses pour les
condylomes... Certains de ces examens de laboratoire, devenus simples et indolores, sont pratiqués dans les CDAG, les centres de diagnostic anonymes et gratuits. lis sont à même de vous assurer
un diagnostic fiable et rapide.
Les infections à évolution lente
Particulièrement dangereuses car elles passent inaperçues, elles provoquent souvent des dégâts importants, voire
irréversibles.
La syphilis
Due à une bactérie, le tréponème pâle, elle est
depuis deux ans en pleine recrudescence. Les premiers signes qui doivent alerter sont, chez la femme, des pertes d’aspect ou d’odeur inhabituels et, symptôme) souvent négligé, des douleurs lors
des rapports sexuels. Chez l’homme, l’apparition d’une plaie ou d’un bouton sur le sexe, trois semaines après des rapports à risque, doit conduire à consulter aussitôt. A défaut, au bout d’une à
huit semaines, le tréponème pâle gagne tout l’organisme et provoque des manifestations mal interprétées dans la moitié des cas fièvres, céphalées, douleurs articulaires, maux de gorge, anorexie,
perte de poids... Sans traitement, après quelques mois ou années, atteintes, diverses, peuvent alors s’avérer
mortelles.
Le traitement
_____________ À tous les stades, le traitement repose sur les antibiotiques, en injections intramusculaires. Le rythme et la
durée des injections varient selon l’ancienneté de la maladie.
L’herpès génital
Il y a dans la population française 10 à 15 % de
porteurs d’herpès génital, et ce chiffre ne cesse d’augmenter. D’origine virale, la contamination survient soit par contact direct avec une lésion herpétique, soit par contact avec la salive ou *
les sécrétions génitales d’une personne infectée. Elle se manifeste sept à vingt et un jours après un rapport sexuel infectant, mais peut rester ignorée durant des années.
Démangeaisons et brûlures fugaces sont les premiers symptômes, suivis, vingt-quatre à quarante-huit heures plus tard, de petites vésicules en bouquets, qui éclatent quelques jours après pour
laisser place à des lésions suintantes et douloureuses la crise d’herpès dure en moyenne huit jours. Les muqueuses atteintes chez la femme sont la vulve, la région anale et l’entrée vaginale.
Chez l’homme, ce sont le gland, le fourreau et la région anale. La lésion reste contagieuse pendant deux semaines. Après une première crise d’herpès génital, 50 à 70 % des patients ne souffriront
plus de manifestations herpétiques. Les autres présenteront des récidives fréquentes dues aux facteurs déclenchants: stress, menstruations, grippe, corticothérapie...
Le traitement
Des traitements
(crème ou comprimés) limitent la durée et l’ampleur des crises, mais ne guérissent pas l’affection. Avec plus de six poussées par an, un traitement antiviral quotidien est conseillé.
Il réduit de 90 % la fréquence des crises. L’inconvénient : son effet bénéfique cesse dès l’arrêt. Un vaccin est actuellement à l’étude.
La chlamydiose
Due à la bactérie Chlamydin trachomatis,
elle est dans le peloton de tête des IST. Ses premières manifestations surviennent après quatre à quinze jours d’incubation. Très discrètes, elles permettent à la maladie d’évoluer
silencieusement pendant des mois, voire des années.
Chez l’homme, l’infection se manifeste par des écoulements, des démangeaisons, des douleurs au niveau des testicules, voire des brûlures lors de la miction. Chez la femme, à qui seules des pertes
isolées peuvent donner l’alerte, c’est la première cause de salpingite, une infection des trompes à l’origine de grossesses extra-utérines ou de stérilité.
Le traitement
On la soigne facilement par un traitement antibiotique d’une quinzaine de jours
L’hépatite B
C’est une infection virale, transmise surtout par le sang et les sécrétions génitales.
Les symptômes apparaissent quatre à vingt- cinq semaines après la contamination sensation de malaise général,
perte d’appétit, nausées, maux de tête, fièvre, douleurs abdominales, articulaires, urticaire, jaunisse... Mais, dans 75% des cas ces signes sont absent et l’hépatite B provoque à terme
une cirrhose ou un cancer du foie.
Le traitement
À l’heure actuelle, il n’existe qu’une
prévention : le vaccin.
Le sida
Le sida (syndrome d’immunodéficience acquise)
correspond à un déficit immunitaire chronique dû au virus VIH (virus de l’immunodéficience humaine). Sa transmission s’effectue par le sang, le sperme et les sécrétions vaginales, mais la maladie
peut se développer plusieurs années après contamination. Le sida ne présente aucun symptôme spécifique car le VIH détruit les défenses de l’organisme, qui est alors livré à toutes sortes de
maladies.
Le traitement
___________ La trithérapie reste la référence. Cette association de trois molécules est désormais simplifiée, puisqu’on peut les
prendre soit en un seul comprimé, soit selon une posologie moins contraignante. Par ailleurs, alors qu’on avait tendance à démarrer le traitement très tôt, on préfère désormais attendre le plus
longtemps possible, pour ne pas exposer le malade aux effets secondaires en l’absence de réel bénéfice
Les infections ne sont pas toutes transmissibles
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Certains germes naturellement présents dans le vagin de la femme peuvent, quand ils se développent de manière anormale,
provoquer des infections. C’est le cas du champignon Candida albicans. A l’origine d’abondantes pertes blanches et de brûlures vaginales gênant les rapports sexuels, il n’est pas transmissible à
l’homme. A l’inverse, des bactéries comme les mycoplasmes.
Un prélèvement s’impose pour déterminer la nature de l’infection.
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